DÉMARCHE ARTISTIQUE

Dans mes créations je privilégie l’épuration et la stylisation, cherchant à ramener mon sujet à l’essentiel. Mon trait en dessin est inspiré par la calligraphie orientale, fruit de mes années d’études de la langue japonaise. Ma peinture, souvent présentée sous la forme d’une série, développe une vision tant descriptive que symbolique et imaginaire, proposant plusieurs couches de lecture, naviguant librement entre abstraction et figuration.

Je cherche à développer un langage poétique et alimente mon univers non seulement de mon propre vécu et de mes rêves mais aussi en explorant les thèmes de la nature,  la mythologie, la littérature, et les relations (ou les conditions) humaines.

 MANUELA LUCHTMEIJER – peintre / plasticienne

Je suis née un dimanche matin printanier au début des années 70 dans une petite ville de province connue pour ses moulins, aux Pays-Bas. Ma mère aime raconter comment, tout bébé encore, j’observais très attentivement les rayons de soleil qui dansaient dans ma chambre et les jouets colorés que je tenais en l’air et que je tournais silencieusement dans mes petites mains. Plus grande, j’avais le nez dans les livres si je ne dessinais ou ne bricolais pas, et j’ai peint mes premières toiles pendant mon adolescence, ayant créé un petit coin atelier dans ma chambre de jeune fille. Tout était source de réflexion ou support de rêve durant mon enfance. Je n’ai pas changé ; je suis de ceux qui ne s’ennuient jamais.

A l’âge de 19 ans, le bac en poche, j’ai suivi mes ambitions les plus folles et j’ai quitté mon pays natal pour m’installer à Paris. S’en sont suivies quelques années dures et exaltantes à la fois ; il fallait se débrouiller seule financièrement tout en suivant les cours de japonais à l’INALCO et les cours du soir aux Beaux-Arts de Paris. Il m’était impossible de choisir, les langues m’ont toujours autant fascinées que l’art. J’en parle plusieurs et continue à les étudier.

À cette même époque, j’ai travaillé 5 années au musée du Louvre comme agent d’accueil. J’ai passé de nombreuses pauses à dessiner les sculptures ou faire des copies des tableaux. Aujourd’hui encore, je peux visualiser des salles entières et nommer les œuvres présentes. Ces années-là m’ont appris à observer et à dessiner autrement, sous le regard de ces grands maîtres qui m’ont toujours encouragée à faire mieux, à réessayer encore, tout en me faisant sentir si petite. Cela non plus n’a pas changé….

Une fois diplômée, j’ai été happée par une vie professionnelle à toute allure dans le monde de la traduction. Étant polyglotte et assez polyvalente, on m’a vite fait monter dans des postes de management ; j’ai eu la chance inouïe de voyager dans le monde entier et de faire des rencontres qui m’inspirent encore aujourd’hui.

Mais, si j’ai aimé les défis de la vie professionnelle internationale, le temps pour dessiner et peindre me manquait de plus en plus. En 2005, j’ai décidé d’écouter mon cœur et j’ai démissionné pour être libre de créer. Il me fallait vérifier si ce rêve fou de devenir artiste à plein temps était juste un rêve fou, ou…la vie qu’il me fallait pour m’épanouir pleinement, comme j’en étais intiment convaincue depuis toujours.

En 2006, j’ai présenté ma première exposition personnelle dans une galerie à Paris et je n’ai jamais regardé en arrière. J’expose régulièrement depuis, et mes œuvres se trouvent aujourd’hui chez des collectionneurs du monde entier. Il y a eu des hauts et des bas, des doutes, et deux enfants aussi qu’il fallait élever, mais rien ne vaut la complicité que je peux retrouver avec mes toiles, seule dans mon monde imaginaire dans mon atelier à Montmartre.

Je cherche encore beaucoup, je me questionne sans cesse, mais jamais sur le fait que ma place dans ce monde est celle de le rendre modestement plus beau. De réfléchir et de faire réfléchir, et d’essayer, trait après trait, de ramener mes rêves à la vie et de les partager.